Move Movie – La danse au cinéma 35 mm
25-26 avril 2026
Maison Saint-Gervais x ANTIGEL
La danse au cinéma 35mm
En collaboration avec Antigel, le weekend des 25 et 26 avril 2026 sera l’opportunité de (re)découvrir le plaisir des projections 35 mm.
Au programme, six films évoquant et montrant la danse, six longs-métrages issus de l’histoire du cinéma mondial – de Bollywood, au Dogme95 danois, en passant par le documentaire américain et la nouvelle vague française. Un weekend en l’honneur de la romance qui a toujours lié ces deux arts : le cinéma et la danse.
Rare lieu genevois disposant encore des moyens techniques pour projeter en 35 mm, la Maison Saint-Gervais aime à se replonger dans ce son et cette image unique, le tout enveloppé par le ronronnement du projecteur.
Entrée libre, réservation possible
Samedi :
- 14h LA DANSE, LE BALLET DE L’OPÉRA DE PARIS, Frederick Wiseman
(France, 2009, 159’) av. les danseurs de l’Opéra de Paris
Documentaire sur sept répétitions de ballets au sein de l’Opéra de Paris.
Décédé le 16 février dernier, l’américain Frederick Wiseman a révolutionné le film-documentaire. Sans effets didactiques (il n’utilise par exemple pas de voix-off), ses productions nous plongent, par leur longueur et leur point de vue, au plus près des univers qu’il filme. LA DANSE s’inscrit dans sa série de projets se déroulant dans un lieu culturel – et le travail qui y est effectué – permettant au spectateur d’imprégné de l’atmosphère de l’endroit. Wiseman dissèque son sujet pour en retenir la substantifique moelle, livrant des scènes d’anthologie, dansées ou parlées, dont l’ensemble, tel un ballet, retire le superflu pour ne conserver que l’essentiel.
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- 17h30 IBERIA, Carlos Saura
(Espagne-France, 2005, 120’)
Suite de numéros dansés pour fêter le 100ème anniversaire de la création de la suite Iberia du compositeur Isaac Albéniz.
Carlos Saura, au-delà de ses superbes drames, s’est régulièrement penché sur les films de danse. Après plusieurs œuvres consacrées au flamenco, il livre une production entièrement dédiée à une unique pièce musicale classique de la musique ibérique (comme son nom le précise), hommage à l’Andalousie. Le plus remarquable, c’est qu’il s’agit d’un vrai projet cinématographique et non d’une mise en images d’un plateau scénique. On sent le vrai amour d’un auteur pour sa culture et son plaisir de la faire partager. Saura est d’ailleurs le témoin le plus brillant de l’évolution de l’Espagne culturelle, politique et sociale des années 1950 à 2020. Avec IBERIA, il offre comme un best-of de son art.
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- 20h BANDE À PART, Jean-Luc Godard
(France, 1964, 97’) av. Anna Karina, Sami Frey, Claude Brasseur, Danièle Girard
Deux voyous fans de série noire désirent faire les 400 coups et leur rencontre avec une jeune fille leur permet de pouvoir vivre leurs envies.
Jean-Luc Godard, comme la plupart de ses collègues de la Nouvelle vague, aime le cinéma noir américain. Hommage, dans le fond et dans la forme (petit budget), à ce style cinématographique, BANDE À PART, inspiré par un très bon roman de Dolores Hitchens, lui permet de faire un état des lieux de la présence de cette culture en France. Est-ce le virus des clichés du cinéma américain ou, simplement, l’envie de liberté propre à l’époque qui fait vibrer ses protagonistes ? Quoiqu’il en soit, si BANDE À PART mérite sa présence dans un cycle consacré à la danse, c’est bien parce qu’il contient l’une des meilleures scènes du genre, souvent imitée mais jamais égalée.
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Dimanche :
- 14h KAL HO NAA HO (NEW YORK MASALA), Nikhil Advani
(Inde, 2003, 184’) av. Shahrukh Khan, Preity Zinta, Saif Ali Khan, Jaya Bachchan
Une famille indienne tente de vivre tant bien que mal à New York jusqu’à la venue d’un nouveau voisin qui devient leur ange gardien.
Le début des années 2000 a vu une émergence de films indiens renouant avec la trempe des classiques de Bollywood. Dans le lot, KAL HO NAA HO assoit surtout la célébrité de l’acteur Shahrukh Khan qui symbolise à lui seul ce retour à la qualité. Le cinéma indien de ces années-là joue avec ses propres clichés et transforme un mélo vintage en comédie dramatique universelle. Passant avec légèreté entre le rire et les larmes, le film arrive sans peine au niveau des meilleures comédies musicales d’un Minnelli ou d’un Demy. Les amateurs de kitsch devront désenchanter, mais les amateurs de poignantes comédies dramatiques seront aux anges.
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- 18h HAEVENLY BODIES, Lawrence Dale
(Canada, 1984, 90’) av. Cynthia Dale, Richard Rebiere, Laura Henry, Walter George Alton
La propriétaire d’un club d’aérobic doit lutter contre un rival en organisant un marathon de danse.
Réponse canadienne à FLASHDANCE, HAEVENLY BODIES est l’un des films cultes des années 1980 sur l’aérobic. Le Ciné-Club de la Maison Saint-Gervais continue ainsi son exploration de ce sous-genre (après la diffusion de PERFECT l’année passée) qui n’engendre pas la mélancolie. Outre l’investissement de Cynthia Dale, l’actrice principale, dans un rôle aussi physique que les macho-men de cette époque (Stallone, Schwarzenegger etc.), HAEVENLY BODIES est avant tout un film rythmé ne relâchant pas la pression. Un vrai film d’action au sens propre du terme, y compris avec son scénario souvent simpliste et décousu malgré lui.
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- 20h00 DANCER IN THE DARK, Lars von Trier
(Danemark-France-Etats-Unis, 2000, 140’) av. Björk, Catherine Deneuve, David Morse, Peter Stormare
Dans les années 1960 au cœur d’une petite ville américaine, Selma travaille dans une usine de métallurgie afin d’avoir assez d’argent pour payer à son fils une opération des yeux pour l’empêcher d’être aveugle.
Il faut reconnaître que dans les ambitions diverses de Lars von Trier pour donner des coups de poing aux motifs cinématographiques, sa révolution des mélodrames est une réussite. Quatre ans après l’étourdissant BREAKING THE WAVES, DANCER IN THE DARK transcende à nouveau les conventions du genre. Revenant à l’essentiel du cinéma (par l’image, le jeu des acteurs, le montage et le son), von Trier épure son film au maximum afin de renforcer chaque émotion. Mais cette fois-ci, contrairement à ses précédents films qu’il dominait de son auteurisme, il s’ouvre à l’univers de la chanteuse Björk. Sans elle, bien sûr, le film n’aurait pas été si simplement beau et si brillamment musical.
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